La délimitation est une procédure administrative régie par un cadre juridique réglementaire et procédural
bien élaboré. Elle constitue une des assises d’une nouvelle gestion moderne
remplaçant ainsi les modes de gestion traditionnelle ayant caractérisé la période avant le protectorat.
Ainsi, la délimitation, à
travers un processus continu d’opérations techniques et juridiques conduites
selon une chronologie prédéfinie et faisant intervenir plusieurs parties prenantes, fixe
d’une manière irrévocable et opposable, la consistance matérielle et l’état
juridique d’une forêt ou d’un immeuble foncier présumé domanial.
En raison de l’importance de
l’assainissement de la situation juridique du domaine forestier pour la préservation,
la protection et la valorisation des ressources naturelles en évitant le
confrontation, l’administration forestière a engagé depuis le début du siècle
dernier des programmes importants en matière de délimitation forestière.
Ainsi, au cours de la première
moitié du siècle précédent où les conditions sociales et politiques étaient
très favorables et où la gestion du domaine forestier et la délimitation
constituaient les préoccupations centrales des services forestiers, l’essentiel
des délimitations ont été effectuées. Ces délimitations ont permis
l’établissement des actes fonciers des principaux massifs forestiers et des
formations assimilées les plus riches et les plus diversifiées au niveau
national, aidant ainsi à leur protection et à leur sauvegarde.
De nos jours, les conditions
dans lesquelles les opérations de délimitation sont effectuées deviennent de
plus en plus difficiles. Elles sont marquées par une pression foncière sans
égal s’exerçant sur le domaine forestier, amplifiée par un contexte économique
à forte spéculation foncière, un environnement écologique vulnérable et un
contexte social précaire imposant une utilisation excessive des ressources
naturelles, et un contexte politique exigeant une forte implication et
intégration de l’ensemble des partenaires dans le processus de développement
humain local, l’administration forestière n’a cessé d’adapter ses stratégies
d’action et ses approches d’intervention en matière de délimitation forestière.
A ce titre, des efforts
importants ont été consentis au cours des deux dernières décennies,
particulièrement depuis la tenue du colloque national sur les forêts à Ifrane
(mars 1996) dont les recommandations issues des travaux ont souligné
l’importance et la priorité accrues à accorder aux opérations de délimitation
et la nécessité de les parachever à l’horizon 2000. Cette importance et cette
priorité viennent d’être soutenues et renforcées dans le cadre des programmes
décennaux régionaux, constituant le socle de la stratégie pour l’immatriculation du domaine forestier à l’horizon 2014. Ce
qui permettra l’amélioration des rapports avec les populations riveraines
et la sauvegarde de leurs droits d’usage légalement reconnus la
sécurisation des investissements publics et privés.
Cette stratégie s’intègre
parfaitement au cœur des grandes orientations du gouvernement en matière de
clarification des statuts des terres et de l’encouragement des procédures
d’immatriculation des biens immobiliers privés et publics. Elle a tiré profit
des enseignements tirés des expériences engagées, en préconisant des
méthodologies d’approches les plus avérées en mesure de dépasser les
contraintes sociales rencontrées et en intégrant les évolutions technologiques
enregistrées dans les domaines topographique et d’archivage.
Les résultats de la mise en
œuvre de cette stratégie, synthétisés dans le bilan des réalisations 2003-2007,
sont très encourageants suite à la dynamique ressentie en matière
d’homologation des délimitations définitives et d’immatriculation des immeubles
forestiers, couronnant ainsi les efforts déployés dans le cadre du partenariat
conclu avec l’ANCFCC et le processus d’implication et de mobilisation de
l’ensemble des partenaires pour le parachèvement des délimitations lancées et
l’apurement des litiges fonciers existants.








0 commentaires